Interview : Théodore Boyer (IDEES Madagascar)

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je suis Théodore Boyer, étudiant ingénieur en 4ème année à l'ESME Sudria (Ivry-sur-Seine). Avec mon école, j'ai eu la chance de participer à plusieurs missions pour IDEES Madagascar, dont une directement sur le terrain. Je me suis engagé parce que je voulais utiliser concrètement mes compétences d'ingénieur, et aussi parce qu’à Madagascar, il y a énormément de défis et d'inégalités. Pour moi, c'était l'occasion d'agir réellement et d'apprendre énormément humainement et techniquement.

IDEES Madagascar, c’est quoi exactement ?

IDEES signifie "Ingénieurs pour le Développement et les Échanges". C'est une association de développement (pas humanitaire, car nous travaillons sur le long terme). Notre but est d'améliorer durablement les conditions de vie et de rendre autonomes les populations locales. Chaque année, une dizaine d'étudiants part en mission sur le terrain à Madagascar pour des projets concrets : adductions d'eau potable, électrifications, constructions d'écoles. On intervient toujours dans la commune rurale d'Alakamisy Ambohimaha.

Tu es parti un mois sur place : tu peux nous raconter ?

En juillet-août 2023, j'ai participé à la construction d’une adduction d'eau potable de 800 mètres dans le village de Manasaka. On a installé quatre bornes fontaines. On a aussi mené des actions de sensibilisation et contrôlé les infrastructures précédentes. Une anecdote qui m'a marqué : un village très isolé nous a offert généreusement des pommes de terre, malgré leurs propres difficultés agricoles. Ça m’a profondément touché.

Et sur le terrain, quelle est la situation ?

Les besoins prioritaires sont l’électrification pour avoir de la lumière et de la sécurité, l’accès à l’eau potable et l’hygiène pour éviter des maladies graves comme les diarrhées mortelles, et enfin l’éducation. On y construit des écoles et met en place des clubs informatiques pour offrir un meilleur avenir aux jeunes.

Qu’est-ce qui est prévu pour 2025 ?

Cet été, IDEES finalise la construction d’une école à Anahamalemy : peinture, mobilier, sensibilisation des habitants à l'eau et l'électricité. On aide aussi à instaurer une économie locale basée sur le riz pour financer les réparations des infrastructures.

Les habitants sont impliqués ?

Oui, totalement. Chaque projet commence par une concertation avec eux, pour vérifier les besoins et leur engagement. Pendant les travaux, on mobilise des artisans locaux, ce qui soutient l’économie locale.

Et toi, après tout ça, tu te vois faire quoi ?

Actuellement, je réalise un stage de recherche sur les infrastructures énergétiques de cette région à l'ESME Sudria. À partir de janvier prochain, je pars deux ans au Canada pour un double diplôme en génie des technologies de la santé. Plus tard, j'aimerais travailler sur des projets concrets et utiles, probablement à travers l'énergie ou la santé, en lien avec des pays qui en ont vraiment besoin, comme Madagascar.

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